Nelly Ben Hayoun was featured in the fifth issue of  the French Encore Magazine. The article talks about the story behind Nelly’s creativity, her inspiration, her point of view about life and art. The interview aims to inspire and encourage others to do follow Nelly’s path and dare to live with similar passion.

The article is accompanied with the wonderful pictures by our longtime collaborator Nick Ballon.

For those who speak French, you can read parts of the article below. Words by Agathe Morelli

Dans quel univers as-tu grandi ?
Mon père est né à Oran mais il est parti d’Algérie en 1962. Il est porteur du trauma que tout le monde connaît, l’histoire des pieds-noirs. Ma mère est immigrée arménienne, donc porteuse elle aussi d’un autre trauma, celui du génocide arménien par les Turques. Ma sœur et moi sommes nées de cette alliance des traumatismes et d’une gestion tout à fait différente de ces deux his-toires. Du côté de mon père, une famille très silencieuse et qui n’a jamais vrai-ment parlé de ce qui s’était passé en Algérie. Alors qu’inversement, la famille de ma mère parle beaucoup du génocide pour ne pas oublier, pour soigner les bles-sures. C’est assez cathartique j’imagine ! J’étais donc tiraillée entre une famille occupée à maintenir cette mémoire et une autre occupée à l’oublier, à l’effacer.

Quels effets cet héritage a-t-il eus sur toi ?
Je suis née en France mais je suis complètement héritière de ces deux commu-nautés. Et j’ai clairement pris le côté de ma mère ! J’ai toujours voulu raconter des histoires, comprendre comment on les écrit, pourquoi on le fait, ce qu’on peut transmettre aux autres… Quand la famille de mon grand-père arménien est arrivée dans le sud de la France, à Valence, ils ont lancé une usine de textile. Mon grand-père s’est aussi beaucoup impliqué auprès de sa communauté en tant qu’adjoint au maire, pour que le génocide soit reconnu en France. C’est assez constitutif de ce que je suis, issue de deux communautés que d’autres ont voulu faire disparaître. Je suis un peu comme un “parasite” qui persiste et résiste malgré tout.

Comment as-tu développé ta créativité et ton goût  pour les expériences farfelues ?
Je voulais raconter des histoires, par tous les moyens qui pouvaient s’offrir à moi. Petite j’étais déjà très créative, il fallait toujours que j’invente de nouveaux trucs. Je n’étais pas trop intéressée par les jouets classiques mais plutôt par tout ce qui touchait à l’artistique : je faisais des sculptures, je montais des petites scènes dans lesquelles je faisais jouer ma famille et je les filmais. J’avais même fait des moulages en plâtre sur les doigts de ma grand-mère, et on a dû aller à l’hôpital parce qu’elle ne pouvait plus retirer ses doigts de la bassine… Bref, j’étais loin d’être calme !
Petite, je voulais raconter des histoires par tous les moyens  qui pouvaient s’offrir à moi.

À l’âge des choix sérieux, comment as-tu transformé  tout ça en un projet plus adulte ?
Ça a été un peu la même anarchie ! Je suis d’abord partie en sciences pour aller en médecine, puis je me suis inscrite aux beaux-arts de Lyon où j’ai fait de la peinture pendant un an. Ça m’a un peu bouleversée parce que j’ai appris plein de trucs, notamment que la peinture fonctionnait par tons et textures et que c’est ce qui conditionnait ton souvenir ou non d’une peinture. Maintenant quand je designe des expériences, j’essaie toujours de faire en sorte que ce soit très pictural, je veux que les gens mémorisent ces expériences grâce aux cou-leurs, aux textures.

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